"Chacun de ses hommes avait rencontré en l'autre son même étranger qu'il avait cru pouvoir s'annexer. Lorsque le miroir se brise, à la passion succède la haine, et quand la haine elle-même est devenue impossible parce que l'autre se dérobe, la porte s'ouvre sur la mélancolie ou l'égarement."
François Roustang - Un destin si funeste - {-à chacun sa folie-}
F. Roustang décrit ici in fine (en terminant son chapitre) la relation entre Jung et Freud.
Cette première phrase a résonné étrangement dans certaines histoires de ma vie il y a peu. Je postule pour ma part d'ailleurs qu'elle peut être générique de certaines relations humaines, que ce soit entre hommes, entre femmes ou même entre homme et femme.
Le "même étranger" peut se lire de plusieurs manières. Eclairé par le contexte du chapitre du livre cité, il est tentant pour moi d'y voir une formule de réciprocité, le "même" renvoyant aux croyances de chacun sur l'autre, quand bien même la réalité relationnelle montre beaucoup de différent, voire essentiellement du différent, c'est à dire ici de l'antagonisme.
L'étranger, l'étrange autrui, en l'autre est ainsi le "même" pour chacun, c'est à dire, que les deux représentations de l'étranger/étrange sont antagonistes mais vues par chacun dans le miroir de l'autre, elles peuvent apparaître identiques. Chacun semble alors vouloir posséder cette représentation du "même" et de l'étrange à la fois, en l'autre et en soi bien évidemment.
L'étranger, l'étrange autrui, en l'autre est ainsi le "même" pour chacun, c'est à dire, que les deux représentations de l'étranger/étrange sont antagonistes mais vues par chacun dans le miroir de l'autre, elles peuvent apparaître identiques. Chacun semble alors vouloir posséder cette représentation du "même" et de l'étrange à la fois, en l'autre et en soi bien évidemment.